Des rivalités de clubs à la défense obsessionnelle des drapeaux, la passion du football se transforme. Le Sénégal n’échappe pas à cette mutation où le patriotisme se confond parfois avec l’intolérance, un mot qui n’a aucune place dans ce jeu, si ce n’est pour défendre une grande cause.
Longtemps, le football a vécu au rythme du clubisme. Cette passion dévorante, souvent irrationnelle, qui pousse les supporters à défendre leur club comme une cause. Elle a nourri les légendes, construit des mythes, mais aussi engendré des dérives. Dans les stades comme sur les réseaux sociaux, l’attachement au maillot est devenu, parfois, une ligne de fracture.
Désormais, un nouveau phénomène s’impose : le nationalisme sportif. Il ne s’agit plus seulement d’aimer un club au point de détester l’adversaire, mais de revendiquer une appartenance nationale exclusive, au risque de rejeter ceux qui ne font pas le même choix.
Le cas du Sénégal illustre parfaitement cette évolution
Quand Mbaye Niang ou Bouna Sarr ont longtemps attendu une convocation de l’équipe de France avant de rejoindre la Tanière, beaucoup de supporters sénégalais ont exprimé leur méfiance, voire leur rejet. À l’inverse, des joueurs comme Kalidou Koulibaly, Abdou Diallo ou Moussa Niakhaté, qui ont choisi rapidement de représenter le Sénégal, ont été célébrés comme des héros du cœur et de la fidélité.
Le Sénégal ⚽️🇸🇳 se positionne comme la destination privilégiée pour de nombreux joueurs binationaux. Cette décision audacieuse incarne l’inspiration pour une nouvelle génération de talents, cherchant à forger leur identité sportive. #wiwsport #sénégal pic.twitter.com/S76p6fe3MP
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Cette dualité révèle une tendance plus large : celle d’un jugement moral porté sur des trajectoires individuelles. Aujourd’hui, des jeunes joueurs comme Andy Diouf, Malang Sarr ou Malick Thiaw en font les frais. Ce dernier, pourtant prometteur défenseur du Milan AC, a récemment été la cible d’attaques sur les réseaux sociaux après avoir, finalement, choisi l’Allemagne.
À travers ces réactions, le football perd un peu de son essence
Ce sport, né pour rassembler, devient parfois un terrain de procès identitaires où chaque décision est interprétée comme une trahison. Or, derrière ces choix se cachent souvent des histoires complexes : des doubles cultures, des parcours migratoires, des attaches multiples — bref, la réalité du monde contemporain.
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Le football a longtemps été le plus beau langage universel : un jeu sans frontières, sans distinction d’origine ou de nationalité. Aujourd’hui, il semble happé par une époque où les identités se crispent et où la passion se mue en possession. Il est temps de retrouver l’esprit du jeu : celui de la liberté, du respect et du lien. Parce qu’à force de transformer le maillot en frontière, on finit par trahir ce que le football a toujours incarné : le plaisir de jouer, ensemble.
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